Aujourd'hui, j'avais prévu de faire un billet sur les tocs de mon mini Monk.

Mais la lecture d'un billet sur un blog a changé ma journée. En allant sur le blog de Mère Bordel, celle-ci renvoyait sur un autre blog, celui de Ginie. Sur un article  en particulier "Tu ne seras pas un homme, mon fils". Avec une mention "âmes sensibles s'abstenir". Et bien qu'étant une âme très (voire trop) sensible, je n'ai pu m'empêcher de cliquer sur ce lien, et de lire cet article. Je n'aurais peut-être pas du. J'en suis toute retournée. Cette maman, ces parents, qui perdent un petit être même pas encore né, c'est tellement difficile. Lire ce témoignage m'a bouleversée, comme beaucoup je pense. Je pense à ce petit ange et j'espère pour ses parents qu'ils arriveront à traverser cette douloureuse épreuve et à se reconstruire ensemble.


Pour ma première, son père m'a accusée de ne pas aimer mon enfant parce que je ne ressentais rien pour le "truc" qui se développait dans mon ventre. Après en avoir parlé avec la gynéco, elle m'avait appris que c'est très fréquent et que c'est normal, qu'être mère n'est pas instantané dès qu'on est enceinte. Et effectivement, j'ai ressenti ma fille comme étant "mon bébé" quelques heures après sa naissance.

Pour le deuxième, j'étais un peu plus impliquée mais sans pour autant m'extasier à chaque coup ou à chaque échographie.

Pour la troisième, un peu pareil que pour Clément.

Pour chacune de mes grossesses, je n'avais quasiment rien prévu, pas trop d'achats de vêtements, pas de mobilier, à peine un lit ! Pour Capucine, mon ex-belle-famille avait acheté tout plein de choses, donc elle n'était pas nue, ma maman avait acheté un couffin, elle avait donc un lit. Pour Clément, on manquait de place pour acheter un lit, il a donc dormi dans sa poussette en attendant le déménagement et a mis les affaires de Capucine (à quelques exceptions près). Pour Cerise, je n'ai toujours pas de meuble de rangement pour ses affaires, j'ai récupéré le couffin chez mes parents après sa naissance pour pouvoir la coucher quelque part en attendant qu'une amie me donne un berceau.

Peut-être qu'inconsciemment je me protégeais du risque de perdre ce petit être qui grandissait en moi. Une manière de mettre une carapace. Peut-être pas. Je ne le saurais jamais. Je suis plutôt d'une nature zen, je prends les choses comme elles viennent, je ne stresse pas à chacun des évènements de ma vie, j'essaye de prendre les choses avec philosophie. Rien n'était prêt pour l'arrivée de ma puce, et alors ? Je ne sais pas comment j'aurais réagi à cette douloureuse épreuve, j'espère ne jamais avoir à la vivre et je ne souhaite à personne d'avoir à la vivre.


Je pense fort à ces parents qui doivent vivre une telle épreuve. A Ginie et son mari, bien sûr, mais aussi à tous les autres. Je pense à tous ces petits anges qui ont rejoint le ciel et brillent là-haut parmi les étoiles. La vie peut être tellement triste parfois... :'(